Archives mensuelles : janvier 2015

Seconde Guerre Mondiale : « 2 579 prêtres catholiques et séminaristes ont été déportés à Dachau »

Alors que nous venons de célébrer les 70 ans du camp d’Auschwitz, «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» évoque le lourd tribu payé par les prêtres et séminaristes européens lors de la Seconde Guerre Mondiale, en particulier dans les camps de la mort. Présentation du livre par Guillaume Perrault sur le www.lefigaro.fr.

La baraque des prêtres
« La baraque des prêtres »

Guillaume Zeller est journaliste et rédacteur en chef de DirectMatin.fr. Il a également été chargé d’enquêtes au service historique de l’Armée de Terre. Son nouveau livre «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» vient de paraître aux Éditions Tallandier.

De 1938 à 1945, 2 579 prêtres, séminaristes et moines catholiques ont été déportés par les nazis, ainsi qu’environ 141 pasteurs protestants et prêtres orthodoxes. S’agissant des catholiques, le Vatican est impuissant à empêcher leur déportation. Le Saint-Siège obtient seulement qu’ils soient regroupés à Dachau. Ces hommes d’Église viennent de toute l’Europe: Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France ou encore Italie.

Ils ne sont pas arrêtés en tant que prêtres catholiques stricto sensu mais pour des raisons variées. Les Allemands paient souvent le prix de leur opposition au programme d’euthanasie hitlérien, le plan T4. Les prêtres polonais sont considérés comme des élites slaves par les nazis et figurent parmi leurs cibles, comme en témoignent les rapports envoyés par Heydrich au sujet des arrestations conduites par les Einsatzgruppen en Pologne en 1940. Pour leur part, des prêtres français -ils sont 156 à Dachau- sont déportés en raison de leur participation active à la résistance intérieure.

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La déploration, de l’autel dédié aux soldats disparus en 14-18, restaurée à la Cathédrale de Vannes

Cette sculpture, située à l’entrée de la chapelle axiale de la Cathédrale de Vannes, orne un autel dédié aux soldats disparus en 14-18, au pied d’un vitrail consacré à cette même mémoire. La sculpture vient d’être restaurée et à été bénie par Mgr Raymond Centène le 14 septembre 2014.

> Article paru dan la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan n°1414 du 9 octobre 2014.

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Déploration – Cathédrale de Vannes

L’association «Pour la remise en valeur de la Cathédrale» a financé la restauration de cette «déploration», scène représentant le Christ dans les bras de sa mère, entourés de Saint-Jean et de Marie Madeleine, une originalité par rapport aux pietà, plus répandues et qui ne présentent que le Christ et Marie. La restauration de la sculpture a fait apparaître que celle-ci était réalisée en pierre calcaire recouverte d’un badigeon à la chaux et non en plâtre moulé comme on le supposait.

Elle aurait été bénie en 1905, puis enrichie en 1927 d’un vitrail de l’artiste Desjardin sur un dessin de Virolle. La partie haute de ce vitrail présente un Christ crucifié qui a détaché sa main gauche de la croix pour accueillir un soldat tombé au combat. Celui-ci lève les yeux, mains jointes, implorant le pardon divin.

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Vitrail – Cathédrale de Vannes

NOTE (du père Roger Blot, responsable du patrimoine sacré du diocèse de Rennes) : Une statue identique se trouve au Sanctuaire de La Peinière, près de Vitré en Ille-et-Vilaine. Elle y a probablement été posée en 1921 pour le pèlerinage des anciens de la Grande Guerre. Une autre statue similaire se trouve dans le jardin des Sœurs de Rillé, à Fougères (Ille-et-Vilaine).

Le diocèse de Rennes pendant la Grande Guerre (2/3) Dossier Eglise en Ille-et-Vilaine

Le magazine du diocèse de Rennes, Église en Ille-et-Vilaine, a publié début septembre 2014 un dossier sur l’histoire du diocèse pendant la Guerre de 1914-1918. En voici la deuxième partie (sur trois).

> Lire la première partie de ce dossier
> Lire la troisième partie de ce dossier

Dossier réalisé par Marie-Christine Train à partir des travaux de Jean-Yves Coulon, historien, qui a étudié les archives et livres de paroisse des 5 diocèses bretons.

LE DIOCÈSE DE RENNES S’ENGAGE DANS LE CONFLIT

La mobilisation et l’affectation des religieux

À la mobilisation, c’est par centaines que les religieux du diocèse rejoignent leur corps d’affectation. Durant la durée du conflit, ce sont plus de 960  religieux  (réguliers,  séculiers,  congréganistes) qui ont été mobilisés.

Les plus jeunes sont envoyés au front, soit dans  des  unités  combattantes,  soit  dans  les ambulances de 1res  lignes comme infirmiers ou brancardiers. Beaucoup sont aumôniers :  titulaires,  volontaires  ou  bénévoles. Très vite, les officiers supérieurs ont  mesuré  l’influence  positive  des  clercs  sur le moral des troupes, sur la tenue morale et la motivation combattante des hommes. Estimant leur nombre insuffisant, la hiérarchie ecclésiastique  française  et  une  partie  de  la  hiérarchie militaire demandèrent, fin 1914, plus de prêtres volontaires pour assurer dans chaque bataillon, les services religieux.

Au final, sur toute la durée de la guerre, le diocèse de Rennes, aura fourni 45  aumôniers,  soit  plus  de  30 %  des  quelque 150  aumôniers  issus  des  5  diocèses  bretons (près  de  1 100  pour  l’ensemble  des  diocèses français).

Exercer  son  ministère  sur  le  front  n’est  pas facile,  on  l’imagine.  L’Église,  dans  ces  circonstances, a adapté les règles des célébrations de la messe mais aussi de la lecture obligatoire du bréviaire,  l’administration  des  sacrements  aux soldats et aux paroissiens autochtones. Si certains  peuvent  dire  leur  messe  quotidienne  (à l’exemple d’Ange Martin, dans la chapitre suivant), d’autres, en raison des offensives ou d’un anticléricalisme affirmé  de  membres  de  la  hiérarchie  régimentaire en sont empêchés. Les plus jeunes ordonnés se posent de sérieuses questions sur leur sacerdoce :  « que  de  jours  passés  en  honnête homme et pas assez en prêtre. Pourquoi ? Parce que, parfois, j’ai laissé s’éclipser l’idéal qui n’aurait jamais dû me faire défaut, c’est-à-dire être un  imitateur  de  Notre  Seigneur  Jésus  Christ » (Abbé A. Boismartel).

Autel portatif fourni aux prêtres grâce à une souscription lancée par L’œuvre de Notre-Dame du Salut, en décembre 1914, relayée par Le pèlerin, La Croix, et les journaux diocésains. 46 seront attribués aux prêtres-soldats du diocèse.

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