Archives pour la catégorie Généralités

RCF Alpha | Quatre « Regards » sur la Grande Guerre

Arnaud Wassmer a proposé en septembre et octobre 2017, dans le cadre du 100e anniversaire de la Grande Guerre, une nouvelle série de 4 émissions sur RCF Alpha.

Une série de 5 émissions diffusées du 11 septembre au 2 octobre 2017.

Présentée par  Arnaud Wassmer
Durée émission : 30 min

11/09/17 : Alain Croix et les timbres en guerre

18/09/17 : Nelly Blanchard raconte la guerre du père Jean-Marie Conseil

25/09/17 : Hélène Harter pour les Etats-Unis dans la Grande Guerre

02/10/17 : Michel Tissier et la Russie de 1917 : des révolutions à la sortie de la guerre

Le chantier du camp d’entrainement de Meucon, près de Vannes, en 1917-18

En avril 1917, les États-Unis décident d’entrer en guerre contre l’Allemagne mais ils ne possèdent qu’une armée très réduite, la conscription n’étant pas pratiquée. Ils doivent donc très rapidement rassembler des millions d’hommes et les armer. La France propose de participer à l’armement et l’entraînement d’une partie de cette nouvelle armée et c’est ainsi que le Camp de Meucon est choisi, avec ceux de Coëtquidan, de Valdahon dans le Doubs et de Souge près de Bordeaux pour la formation et l’équipement des artilleurs américains. Le recteur Gouron de Grand-Champ dans son bulletin paroissial, Kloh Bras Gregam, rédigé en breton, exprime son opinion sur les différents groupes d’étrangers venus participer au chantier du camp, dans un style franc et enlevé.

Ce texte, de Monsieur Jean Leray – qui a été professeur d’histoire et géographie au collège-lycée de Sainte-Anne-d’Auray – a été publié dans la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan les 4 et 18 décembre 2014. Les traductions du breton ont été réalisées par Loeis Le Bras.

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Procession de la paroisse de Grandchamp en 1912

Le choix de Meucon

Le choix de Meucon s’explique par l’existence d’un champ de tir, la proximité des ports de Saint-Nazaire et de Brest, la desserte satisfaisante du site par les axes routiers et le chemin de fer de la Compagnie du Morbihan. Cependant pour accueillir les alliés d’Outre Atlantique des aménagements sont nécessaires : élargissement du champ de tir existant, création d’un second champ de tir pour les mortiers, mise en place d’une station de ballon et d’un aérodrome et surtout d’un nouveau camp susceptible de recevoir 16 000 « gunners ». Tous ces travaux exigent une très nombreuse main-d’œuvre que ne peut pas fournir la région car les hommes de 19 à 49 ans sont majoritairement sous les drapeaux aussi il est fait appel à des travailleurs étrangers.

Le recteur Gouron de Grand-Champ s’étonne du niveau d’équipement exigé par les Américains pour le Nouveau Camp de Locqueltas : « Il est vrai que les Américains étonnent, 50 millions de francs sont nécessaires pour faire mettre le camp en état de les recevoir… A l’intérieur du camp, ils demandent toutes les sortes de commodités, d’avoir sous la main, eau, lumière et tout ce que l’on voit dans les grandes villes ».

Il se sert d’une belle référence biblique pour qualifier l’étonnante diversité des travailleurs utilisés fin 1917 – début 1918 : « On travaille beaucoup dans le camp de Meucon, du moins, les ouvriers qui devraient travailler ne manquent pas. Ils se comptent par centaines et même par milliers sur tout le parcours du camp, c’est-à-dire depuis le Morboulo jusqu’au Burgo. Il y a des Français, des Boches (3000), des Chinois (1000), des Suisses, des Portugais, aussi, c’est une Tour de Babel qu’on y construit ».

Continuer la lecture de Le chantier du camp d’entrainement de Meucon, près de Vannes, en 1917-18 

Jean-Yves Moy raconte la guerre du Père Anizan

jaquette_aumonier_verdun_01-206x300Arnaud Wassmer, sur RCF Alpha, propose chaque années du 100e anniversaire de la Grande Guerre, une série d’émissions sur le sujet. Pour 2016, notons l’intervention de l’auteur d’un livre sur la guerre du Père Anizan, aumônier à Verdun (à écouter ci-dessous).

« Aumônier à Verdun, Journal de guerre et lettres du Père Anizan » : aux éditions Presse Universitaires de Rennes, 2015, textes prés.entés par Jean-Émile Anizan et Jean-Yves Moy, 196 p.

Le père Jean Émile Anizan (1853-1928), fondateur des Fils de la Charité, fut aumônier volontaire durant la Grande Guerre dans le camp retranché de Verdun. Ce livre réunit son journal des 18 mois sur le front et ses lettres, accompagnés de cartes et de photographies.



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La série d’émissions :
  • Antoine Prost raconte la bataille et la mémoire de Verdun
    REGARDS – LUNDI 10 OCTOBRE À 11H00 – DURÉE ÉMISSION : 30 MIN
    Sur Rcf Alpha
  • Yann Lagadec pour la guerre de Charles Oberthur et des régiments à Verdun
    REGARDS – LUNDI 17 OCTOBRE À 11H00 – DURÉE ÉMISSION : 30 MIN
    Sur Rcf Alpha
  • Jean-Yves Moy raconte la guerre du Père Anizan
    REGARDS – LUNDI 24 OCTOBRE À 11H00 – DURÉE ÉMISSION : 30 MIN
    Sur Rcf Alpha
  • REGARDS – LUNDI 31 OCTOBRE À 11H00 – DURÉE ÉMISSION : 30 MIN
  • REGARDS – LUNDI 7 NOVEMBRE À 11H00 – DURÉE ÉMISSION : 30 MIN

Plusieurs publications autour du thème de ce blog

Voici quelques publications récentes en lien avec notre sujet.

AAEF 74 2011    Bulletin de l’Association des Archivistes de l’Eglise de France, n° 75, 2011

      • Sœur Marie PERON, Sœur Marie-Louise Bouvier, « Implication d’une congrégation religieuse dans la guerre de 1914-1918. Accueil à la maison-mère des Sœurs de l’Immaculé-Conception de Saint-Méen-le-Grand », p.12-23

 

    • Sœur Emma L’HELGOUACH, « Kermaria pendant la guerre 1914-1918 », p.34-39

 

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Publication des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine : Eric JORET, Yann LAGADEC (dir.), Hommes et femmes d’Ille-et-Vilaine dans la grande guerre, Rennes, Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, 2014

  • Jean-Yves COULON, « Les religieux originaires du diocèse de Rennes au péril de la Grande Guerre », p.70-79
  • Samuel GICQUEL, « Paroisses d’Ille-et-Vilaine en guerre », p.257-271

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Bulletin de l’Association bretonne et Union régionaliste bretonne, T. CXXIII, 2015

        • Abbé André MOISAN (†), « Les prêtres, clercs et séminaristes du diocèse de Vannes morts à la guerre de 1914-1918 », p.459-468

 


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Le Morbihan, les Morbihannais en 1914-1918, Vannes, supplément au Bulletin et mémoires de la Société Polymathique du Morbihan, T.CXLI, 2015 (actes de la journée d’étude organisée à Vannes le 12 novembre 2014 par la Société polymathique du Morbihan)

  • Jean-Yves COULON, « Les religieux du diocèse de Vannes au péril de la guerre », p.65-73
  • Abbé André MOISAN (†), « Mgr Gouraud, évêque de Vannes, et la guerre de 1914-1918 », p.74-78

Un nouveau cycle d’émissions d’Arnaud Wassmer sur la Grande Guerre, sur RCF Alpha

150903_rcf_alpha_bloc_logo_infos-2-56072Arnaud Wassmer a repris un second cycle d’émissions sur la Grande Guerre, du 12 octobre au 2 novembre. 4 sujets de l’émission « Regards » à réécouter sur le site de la radio RCF Alpha.

  1. épisode 7 (12 octobre) : l’année 1915 et la guerre de Jean Morin avec Erwan Le Gall, fondateur du cabinet d’ingénierie mémorielle et culturelle En Envor
  2. épisode 8 (19 octobre) : la légion d’honneur et les combattants d’Ille-et-Vilaine avec Gilbert Nicolas : professeur honoraire d’histoire à Rennes 2 et Daniel Brûlé : général de division et président de la Société des Membres de la Légion d’Honneur en Ille-et-Vilaine
  3. épisode 9 (26 octobre) : le génocide des arméniens avec Gérard Boissière de l’association Menez Ararat
  4. épisode 10 (02 novembre) : le Canada dans la Grande Guerre avec Marc Bergère : maître de conférences en histoire à Rennes 2

> VOIR AUSSI :

Les prêtres et religieux morts en 14-18 enfin honorés dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides

Plaque St Louis des Invalides
Plaque à la cathédrale St Louis des Invalides

Mardi 31 mars 2015, une plaque commémorative à été bénie dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, à Paris, en l’honneur de tous les prêtres et religieux morts durant la Première Guerre mondiale.

Durant la Première Guerre mondiale, 2949 prêtres diocésains, 1571 religieux et 1300 séminaristes français sont tombés au champ d’honneur, et 375 religieuses sont mortes au service des soldats.

Une plaque à leur mémoire a été dévoilée et bénie par Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, à l’issue de la Messe chrismale à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. Elle est placée à l’entrée de l’édifice religieux, sur le pilier gauche. Cette réalisation est à l’initiative du comité de pilotage des commémorations du centenaire de la Grande Guerre.

Le Trésor de Sainte-Anne-d’Auray, témoin de la Grande Guerre

Le Trésor du sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray fait mémoire de ce premier conflit mondial. Ce lieu d’exposition qui ouvre sur le cloître, à l’arrière de la Basilique, recèle le trésor spirituel de la prière et de la reconnaissance des fidèles, sous forme d’objets divers offerts par les pèlerins depuis 1625.

> Article paru dans la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan n°1415 du 23 octobre 2014

Trésor Ste Anne d'auray
Trésor du sanctuaire de Ste Anne d’Auray

Les témoignages sont poignants : «Louise avait 6 mois quand son père est mort pendant la guerre 14-18. Il portait sur lui ce chapelet et ces statuettes qu’elle a reçus de sa maman et gardés précieusement. Religieuse, enfant unique, au soir de sa vie elle les dépose au Trésor, en mémoire, en geste d’offrande et d’action de grâce pour sa vie et celle de ses parents, humble et silencieuse, qui priaient beaucoup Sainte-Anne ».   Le chapelet du papa de Louise, côtoie un autre chapelet réalisé avec des balles et des shrapnels allemands du champ de bataille du Mont Cornillet. Il y a également des médailles militaires, des photos de poilus dans les tranchées et le casque du général de Langle de Cary, né à Lorient et inhumé aux Invalides.

A Sainte-Anne, bien sûr, le Mémorial est la marque la plus visible de cette mémoire des poilus ; nous y consacrerons de prochains articles.

Le Trésor est ouvert tous les jours de 10h30 à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche matin et le lundi.

Seconde Guerre Mondiale : « 2 579 prêtres catholiques et séminaristes ont été déportés à Dachau »

Alors que nous venons de célébrer les 70 ans du camp d’Auschwitz, «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» évoque le lourd tribu payé par les prêtres et séminaristes européens lors de la Seconde Guerre Mondiale, en particulier dans les camps de la mort. Présentation du livre par Guillaume Perrault sur le www.lefigaro.fr.

La baraque des prêtres
« La baraque des prêtres »

Guillaume Zeller est journaliste et rédacteur en chef de DirectMatin.fr. Il a également été chargé d’enquêtes au service historique de l’Armée de Terre. Son nouveau livre «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» vient de paraître aux Éditions Tallandier.

De 1938 à 1945, 2 579 prêtres, séminaristes et moines catholiques ont été déportés par les nazis, ainsi qu’environ 141 pasteurs protestants et prêtres orthodoxes. S’agissant des catholiques, le Vatican est impuissant à empêcher leur déportation. Le Saint-Siège obtient seulement qu’ils soient regroupés à Dachau. Ces hommes d’Église viennent de toute l’Europe: Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France ou encore Italie.

Ils ne sont pas arrêtés en tant que prêtres catholiques stricto sensu mais pour des raisons variées. Les Allemands paient souvent le prix de leur opposition au programme d’euthanasie hitlérien, le plan T4. Les prêtres polonais sont considérés comme des élites slaves par les nazis et figurent parmi leurs cibles, comme en témoignent les rapports envoyés par Heydrich au sujet des arrestations conduites par les Einsatzgruppen en Pologne en 1940. Pour leur part, des prêtres français -ils sont 156 à Dachau- sont déportés en raison de leur participation active à la résistance intérieure.

> LIRE tout l’article sur le site www.lefigaro.fr

La déploration, de l’autel dédié aux soldats disparus en 14-18, restaurée à la Cathédrale de Vannes

Cette sculpture, située à l’entrée de la chapelle axiale de la Cathédrale de Vannes, orne un autel dédié aux soldats disparus en 14-18, au pied d’un vitrail consacré à cette même mémoire. La sculpture vient d’être restaurée et à été bénie par Mgr Raymond Centène le 14 septembre 2014.

> Article paru dan la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan n°1414 du 9 octobre 2014.

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Déploration – Cathédrale de Vannes

L’association «Pour la remise en valeur de la Cathédrale» a financé la restauration de cette «déploration», scène représentant le Christ dans les bras de sa mère, entourés de Saint-Jean et de Marie Madeleine, une originalité par rapport aux pietà, plus répandues et qui ne présentent que le Christ et Marie. La restauration de la sculpture a fait apparaître que celle-ci était réalisée en pierre calcaire recouverte d’un badigeon à la chaux et non en plâtre moulé comme on le supposait.

Elle aurait été bénie en 1905, puis enrichie en 1927 d’un vitrail de l’artiste Desjardin sur un dessin de Virolle. La partie haute de ce vitrail présente un Christ crucifié qui a détaché sa main gauche de la croix pour accueillir un soldat tombé au combat. Celui-ci lève les yeux, mains jointes, implorant le pardon divin.

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Vitrail – Cathédrale de Vannes

NOTE (du père Roger Blot, responsable du patrimoine sacré du diocèse de Rennes) : Une statue identique se trouve au Sanctuaire de La Peinière, près de Vitré en Ille-et-Vilaine. Elle y a probablement été posée en 1921 pour le pèlerinage des anciens de la Grande Guerre. Une autre statue similaire se trouve dans le jardin des Sœurs de Rillé, à Fougères (Ille-et-Vilaine).

Le diocèse de Rennes pendant la Grande Guerre (2/3) Dossier Eglise en Ille-et-Vilaine

Le magazine du diocèse de Rennes, Église en Ille-et-Vilaine, a publié début septembre 2014 un dossier sur l’histoire du diocèse pendant la Guerre de 1914-1918. En voici la deuxième partie (sur trois).

> Lire la première partie de ce dossier
> Lire la troisième partie de ce dossier

Dossier réalisé par Marie-Christine Train à partir des travaux de Jean-Yves Coulon, historien, qui a étudié les archives et livres de paroisse des 5 diocèses bretons.

LE DIOCÈSE DE RENNES S’ENGAGE DANS LE CONFLIT

La mobilisation et l’affectation des religieux

À la mobilisation, c’est par centaines que les religieux du diocèse rejoignent leur corps d’affectation. Durant la durée du conflit, ce sont plus de 960  religieux  (réguliers,  séculiers,  congréganistes) qui ont été mobilisés.

Les plus jeunes sont envoyés au front, soit dans  des  unités  combattantes,  soit  dans  les ambulances de 1res  lignes comme infirmiers ou brancardiers. Beaucoup sont aumôniers :  titulaires,  volontaires  ou  bénévoles. Très vite, les officiers supérieurs ont  mesuré  l’influence  positive  des  clercs  sur le moral des troupes, sur la tenue morale et la motivation combattante des hommes. Estimant leur nombre insuffisant, la hiérarchie ecclésiastique  française  et  une  partie  de  la  hiérarchie militaire demandèrent, fin 1914, plus de prêtres volontaires pour assurer dans chaque bataillon, les services religieux.

Au final, sur toute la durée de la guerre, le diocèse de Rennes, aura fourni 45  aumôniers,  soit  plus  de  30 %  des  quelque 150  aumôniers  issus  des  5  diocèses  bretons (près  de  1 100  pour  l’ensemble  des  diocèses français).

Exercer  son  ministère  sur  le  front  n’est  pas facile,  on  l’imagine.  L’Église,  dans  ces  circonstances, a adapté les règles des célébrations de la messe mais aussi de la lecture obligatoire du bréviaire,  l’administration  des  sacrements  aux soldats et aux paroissiens autochtones. Si certains  peuvent  dire  leur  messe  quotidienne  (à l’exemple d’Ange Martin, dans la chapitre suivant), d’autres, en raison des offensives ou d’un anticléricalisme affirmé  de  membres  de  la  hiérarchie  régimentaire en sont empêchés. Les plus jeunes ordonnés se posent de sérieuses questions sur leur sacerdoce :  « que  de  jours  passés  en  honnête homme et pas assez en prêtre. Pourquoi ? Parce que, parfois, j’ai laissé s’éclipser l’idéal qui n’aurait jamais dû me faire défaut, c’est-à-dire être un  imitateur  de  Notre  Seigneur  Jésus  Christ » (Abbé A. Boismartel).

Autel portatif fourni aux prêtres grâce à une souscription lancée par L’œuvre de Notre-Dame du Salut, en décembre 1914, relayée par Le pèlerin, La Croix, et les journaux diocésains. 46 seront attribués aux prêtres-soldats du diocèse.

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