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Le chantier du camp d’entrainement de Meucon, près de Vannes, en 1917-18

En avril 1917, les États-Unis décident d’entrer en guerre contre l’Allemagne mais ils ne possèdent qu’une armée très réduite, la conscription n’étant pas pratiquée. Ils doivent donc très rapidement rassembler des millions d’hommes et les armer. La France propose de participer à l’armement et l’entraînement d’une partie de cette nouvelle armée et c’est ainsi que le Camp de Meucon est choisi, avec ceux de Coëtquidan, de Valdahon dans le Doubs et de Souge près de Bordeaux pour la formation et l’équipement des artilleurs américains. Le recteur Gouron de Grand-Champ dans son bulletin paroissial, Kloh Bras Gregam, rédigé en breton, exprime son opinion sur les différents groupes d’étrangers venus participer au chantier du camp, dans un style franc et enlevé.

Ce texte, de Monsieur Jean Leray – qui a été professeur d’histoire et géographie au collège-lycée de Sainte-Anne-d’Auray – a été publié dans la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan les 4 et 18 décembre 2014. Les traductions du breton ont été réalisées par Loeis Le Bras.

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Procession de la paroisse de Grandchamp en 1912

Le choix de Meucon

Le choix de Meucon s’explique par l’existence d’un champ de tir, la proximité des ports de Saint-Nazaire et de Brest, la desserte satisfaisante du site par les axes routiers et le chemin de fer de la Compagnie du Morbihan. Cependant pour accueillir les alliés d’Outre Atlantique des aménagements sont nécessaires : élargissement du champ de tir existant, création d’un second champ de tir pour les mortiers, mise en place d’une station de ballon et d’un aérodrome et surtout d’un nouveau camp susceptible de recevoir 16 000 « gunners ». Tous ces travaux exigent une très nombreuse main-d’œuvre que ne peut pas fournir la région car les hommes de 19 à 49 ans sont majoritairement sous les drapeaux aussi il est fait appel à des travailleurs étrangers.

Le recteur Gouron de Grand-Champ s’étonne du niveau d’équipement exigé par les Américains pour le Nouveau Camp de Locqueltas : « Il est vrai que les Américains étonnent, 50 millions de francs sont nécessaires pour faire mettre le camp en état de les recevoir… A l’intérieur du camp, ils demandent toutes les sortes de commodités, d’avoir sous la main, eau, lumière et tout ce que l’on voit dans les grandes villes ».

Il se sert d’une belle référence biblique pour qualifier l’étonnante diversité des travailleurs utilisés fin 1917 – début 1918 : « On travaille beaucoup dans le camp de Meucon, du moins, les ouvriers qui devraient travailler ne manquent pas. Ils se comptent par centaines et même par milliers sur tout le parcours du camp, c’est-à-dire depuis le Morboulo jusqu’au Burgo. Il y a des Français, des Boches (3000), des Chinois (1000), des Suisses, des Portugais, aussi, c’est une Tour de Babel qu’on y construit ».

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Plusieurs publications autour du thème de ce blog

Voici quelques publications récentes en lien avec notre sujet.

AAEF 74 2011    Bulletin de l’Association des Archivistes de l’Eglise de France, n° 75, 2011

      • Sœur Marie PERON, Sœur Marie-Louise Bouvier, « Implication d’une congrégation religieuse dans la guerre de 1914-1918. Accueil à la maison-mère des Sœurs de l’Immaculé-Conception de Saint-Méen-le-Grand », p.12-23

 

    • Sœur Emma L’HELGOUACH, « Kermaria pendant la guerre 1914-1918 », p.34-39

 

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Publication des Archives départementales d’Ille-et-Vilaine : Eric JORET, Yann LAGADEC (dir.), Hommes et femmes d’Ille-et-Vilaine dans la grande guerre, Rennes, Conseil Général d’Ille-et-Vilaine, 2014

  • Jean-Yves COULON, « Les religieux originaires du diocèse de Rennes au péril de la Grande Guerre », p.70-79
  • Samuel GICQUEL, « Paroisses d’Ille-et-Vilaine en guerre », p.257-271

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Bulletin de l’Association bretonne et Union régionaliste bretonne, T. CXXIII, 2015

        • Abbé André MOISAN (†), « Les prêtres, clercs et séminaristes du diocèse de Vannes morts à la guerre de 1914-1918 », p.459-468

 


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Le Morbihan, les Morbihannais en 1914-1918, Vannes, supplément au Bulletin et mémoires de la Société Polymathique du Morbihan, T.CXLI, 2015 (actes de la journée d’étude organisée à Vannes le 12 novembre 2014 par la Société polymathique du Morbihan)

  • Jean-Yves COULON, « Les religieux du diocèse de Vannes au péril de la guerre », p.65-73
  • Abbé André MOISAN (†), « Mgr Gouraud, évêque de Vannes, et la guerre de 1914-1918 », p.74-78

Le diocèse de Rennes pendant la Grande Guerre (3/3) Dossier Eglise en Ille-et-Vilaine

Le magazine du diocèse de Rennes, Église en Ille-et-Vilaine, a publié début septembre 2014 un dossier sur l’histoire du diocèse pendant la Guerre de 1914-1918. En voici la troisième et dernière partie.

> Lire la première partie de ce dossier
> Lire la deuxième partie de ce dossier

Dossier réalisé par Marie-Christine Train à partir des travaux de Jean-Yves Coulon, historien, qui a étudié les archives et livres de paroisse des 5 diocèses bretons.

DE L’ARMISTICE AU DEVOIR DE MÉMOIRE

Vitrail de l’église St-Pierre à Laillé
Vitrail de l’église St-Pierre à Laillé, réalisé en 1938, portant une réflexion sur la mort : celle du Christ en croix et celle du poilu, et ce juste avant la Seconde Guerre Mondiale.
La démobilisation : un retour à la vie religieuse sous conditions

En novembre 1918, les religieux attendent d’être démobilisés pour rejoindre leurs paroisses, leurs établissements  scolaires,  leurs  couvents.  Mais pour cela, ils doivent se soumettre à des directives, dont le journal L’Ouest-Éclair se fait l’écho : « Selon un décret consistorial, les évêques sou- mettront  les  clercs  revenus  des  armées  à  un examen avant de les admettre de nouveau dans les  séminaires  et  ils  leur  feront  accomplir  une retraite spirituelle à la suite de laquelle ils jugeront s’ils doivent les remettre au milieu de leurs  compagnons d’études ou les maintenir séparés durant  un  certain  temps.  […]  Le  passage  des religieux après leur service militaire dans le clergé séculier reste défendu.

Les prêtres revenus du service militaire devront présenter, dans un délai de dix jours devant leur évêque, une lettre de l’aumônerie générale témoignant de leur vie morale au régiment. Ils devront ensuite se retirer dans  un  institut  religieux  qui  leur  sera  indiqué pour accomplir une retraite spirituelle. S’ils ne se conformaient pas à cette obligation, ils encourraient la suspense a divinis. ».

Les religieux étaient donc astreints à fournir une lettre testimoniale dans laquelle était déclarée la  conformité  de  leur  conduite  à  leur  vocation. Dans  le  cas  où  ils  seraient  frappés  d’irrégularité, c’est-à-dire auraient été amenés à tuer, ils devaient faire la demande au Saint-Siège d’une dispense pour exercer à nouveau leur ministère.

Pour  les  séminaristes  ou  les  novices,  il  semble que  près  d’un  tiers  d’entre  eux  n’apparaît  plus sur  aucun  document  diocésain  ou  congréganiste. Pour quelle raison : démission volontaire ? Démission  imposée  par  absence  de  levée  de l’irrégularité ou de comportement moral contraire ?

Les répercussions spirituelles et sociétales sont multiples

Beaucoup reviennent marqués par l’inhumanité de la guerre, le souvenir des actes qu’ils ont été contraints d’effectuer. Certains dénoncent  : « La vie que j’ai menée était si contraire à ma nature, que maintenant une réaction irrésistible se produit. […] il me semble qu’on aurait pu demander aux  prêtres  de  combattre  et  de  mourir  pour  la France autrement que le fusil, ou la mitrailleuse, ou tout autre engin de guerre à la main.

Si j’avais été  mobilisé  comme  infirmier  ou  brancardier… j’aurais rempli mon devoir avec une pleine satisfaction intérieure. Au lieu de cela, on m’a donné une compagnie et l’on m’a dit : “Apprenez à vos hommes  à  tuer  et  inculquez-leur  au  fond  du cœur  une  haine  irréductible  de  l’ennemi”.  […] que des chefs catholiques ou simplement baptisés s’adressent à leurs prêtres et leur disent : vous vous trouvez dans des conditions légales telles que vous devez prendre un fusil et faire le coup de feu…, vous armer d’un couteau et nettoyer les tranchées…, monter en avion et aller, par  représailles,  bombarder  une  ville,  je  crois être d’accord avec le bon sens et aussi le patriotisme le plus fervent, en déclarant que c’est une anomalie  et  une  régression  de  la  conscience  publique  vers  une  époque  de  civilisation  inférieure. […] » (un prêtre des Missions étrangères)

Le séisme de la guerre se ressent dans toutes les  composantes  de  la  société  française.  Dans les paroisses, il faudra attendre 1919 pour assister  à  un  retour  normal.  Mais  les  répercussions sont, là aussi, nombreuses tant sur le plan démographique que spirituel. Si dans les premiers temps, la guerre entraîne une grande piété, sur le long terme on assiste à un certain détachement,  en  particulier  chez  les  femmes,  dont  le statut change de fait, et les jeunes hommes qui sortent meurtris du conflit.

Rendre hommage : monuments, vitraux, livres d’or

Au lendemain de la guerre la quasi-totalité des paroisses du diocèse de Rennes, conformément aux souhaits de l’archevêque, gravèrent dans la pierre, le métal ou le verre, et souvent bien avant les municipalités, les noms de paroissiens ayant perdu la vie à l’issue du conflit. La caractéristique de  ces  témoignages  commémoratifs paroissiaux,  à  la  différence  des  monuments  communaux, est que les noms des religieux y figurent le plus souvent en tête de liste.

Au niveau diocésain, une souscription est lancée dans le corps ecclésiastique pour ériger, dans la  chapelle du Grand Séminaire, un « monument à la mémoire des prêtres et séminaristes du diocèse de Rennes victimes de la Guerre ». Ce monument  conçu  par  l’architecte  Arthur  Regnault dressait  une  liste  de  28  prêtres  soldats  morts entre 1914 et 1920. Il a été détruit lors des bombardements de la 2 de  guerre mondiale.

Nombre  d’institutions  et  de  congrégations, parallèlement  à  la  rédaction  d’un  « livre  d’or » retraçant plus ou moins longuement la vie sacerdotale et militaire de chacun, gravèrent aussi les noms de leurs morts.

Se souvenir

Le centenaire de la 1re  guerre mondiale permet de faire mémoire de ces religieuses et religieux engagés comme n’importe quels citoyens pour défendre leur pays. Et aussi, « Se souvenir que si l’on peut séparer l’Église et l’État on ne peut séparer  la  religion  du  cœur  de  l’homme.  que, dans le danger, tout homme se pose la question de  son  existence.  que  l’Évangile  peut  abattre les  murs  que  les  hommes  mettent  entre  eux. qu’en  temps  de  guerre comme  en  temps  de  paix  l’Espérance  chrétienne  est  une  force. »  (Mgr Ravel, évêque aux armées françaises).

Dans la Semaine Religieuse du Diocèse de Rennes

PAR : François-Xavier Lemercier, archiviste du diocèse

D’août à septembre 1914, le périodique est riche d’enseignement sur l’ambiance de l’entrée en guerre. Dès le numéro du 1er  août, dans la « Partie officielle  », Mgr Dubourg, lance un appel à la prière pour la Paix. Il y évoque la « présence des menaces de guerre qui, avec raison, inquiètent et effraient nos populations bretonnes. » Il demande aux fidèles du diocèse de «  tourner leur regard vers le ciel ». Il clôt son appel par un vibrant « Que Dieu sauve la France ! ».

Pendant les deux premiers mois du conflit, les appels à la prière, aux pèlerinages, à l’assiduité aux messes ont été réitérés en des termes forts, comme par exemple « angoisse douloureuse de la guerre » ou « époque d’angoisse et d’épreuve ». Mais chaque appel se teinte aussi de patriotisme : les prières sont faites pour le « salut de la France », ou le « prochain relèvement de la France » puis rapidement pour la « victoire des armées de la France » et de ses « nobles alliés ». Le Diocèse de Rennes s’est bien sûr associé à l’union nationale. Ceci fut particulièrement visible lorsqu’est relatée la destruction de la cathédrale de Reims le 19 septembre 1914 par les allemands « sans raison militaire » pour « faire le mal pour le mal, détruire pour détruire ».

La cathédrale  de Reims en feu
La cathédrale de Reims en feu, un épisode qui a marqué jusqu’en Bretagne ! Dessin de 1914 de l’abbé Joseph Chenu du Grand Séminaire de Rennes.

La Semaine Religieuse, en tant que porte-parole du diocèse, évoque l’investissement de l’Archevêque dans le conflit tant au niveau de l’aide morale que spirituelle et matérielle. Ainsi, dès l’ouverture des hôpitaux militaires, durant la fin de l’été 1914, il visite les malades. Lors du passage d’exilés belges, il va à leur rencontre et leur fait distribuer des aides. Il encourage les divers comités de secours. Au niveau spirituel, il organise très tôt la relève des prêtres partis sur le front. Il autorise même des assouplissements dans la discipline du culte autorisant exceptionnellement le travail le dimanche et des dispenses du jeûne du vendredi et le binage (1)  pour les curés doyens afin que la messe soit célébrée dans les paroisses sans prêtre. En parallèle, il demande que se tiennent des prières journalières, des adorations perpétuelles du Saint Sacrement et il s’associe aussi à la demande de messes quotidiennes pour la victoire et la paix

Rapidement La Semaine Religieuse devient aussi un vecteur d’informations du  front. Régulièrement et rapidement, on y trouve les citations à l’ordre du jour et les nécrologies des membres du clergé ou des instituteurs libres qui se sont illustrés au combat ou qui sont morts au champ d’honneur, et ce, pendant tout le conflit et même après l’armistice.

(1) – DR. CANON. Service de deux paroisses assuré par un même curé (CAP. 1936)

Propositions d’approfondissement

- « Cent ans après, Mémoire chrétienne de la Grande Guerre »,  Document  Épiscopat, n°3, 2014
- la bibliothèque diocésaine de Rennes a mis en ligne une bibliographie complète des ouvrages liés à 14-18 : rennes.catholique.fr/bibliotheque 
- www.dioceseauxarmees.catholique.fr
- ce site interdiocésain sur la guerre 14-18 : bretagne1418.catholique.fr
Appel aux lecteurs

Les Archives diocésaines sont intéressées par des reproductions de documents de religieux et religieuses,  ou en lien avec eux, pendant la Grande Guerre.
> Contact : 02 99 14 35 35 ou 02 99 14 44 41.

Le Trésor de Sainte-Anne-d’Auray, témoin de la Grande Guerre

Le Trésor du sanctuaire de Sainte-Anne-d’Auray fait mémoire de ce premier conflit mondial. Ce lieu d’exposition qui ouvre sur le cloître, à l’arrière de la Basilique, recèle le trésor spirituel de la prière et de la reconnaissance des fidèles, sous forme d’objets divers offerts par les pèlerins depuis 1625.

> Article paru dans la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan n°1415 du 23 octobre 2014

Trésor Ste Anne d'auray
Trésor du sanctuaire de Ste Anne d’Auray

Les témoignages sont poignants : «Louise avait 6 mois quand son père est mort pendant la guerre 14-18. Il portait sur lui ce chapelet et ces statuettes qu’elle a reçus de sa maman et gardés précieusement. Religieuse, enfant unique, au soir de sa vie elle les dépose au Trésor, en mémoire, en geste d’offrande et d’action de grâce pour sa vie et celle de ses parents, humble et silencieuse, qui priaient beaucoup Sainte-Anne ».   Le chapelet du papa de Louise, côtoie un autre chapelet réalisé avec des balles et des shrapnels allemands du champ de bataille du Mont Cornillet. Il y a également des médailles militaires, des photos de poilus dans les tranchées et le casque du général de Langle de Cary, né à Lorient et inhumé aux Invalides.

A Sainte-Anne, bien sûr, le Mémorial est la marque la plus visible de cette mémoire des poilus ; nous y consacrerons de prochains articles.

Le Trésor est ouvert tous les jours de 10h30 à 12h et de 15h à 18h sauf le dimanche matin et le lundi.

Seconde Guerre Mondiale : « 2 579 prêtres catholiques et séminaristes ont été déportés à Dachau »

Alors que nous venons de célébrer les 70 ans du camp d’Auschwitz, «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» évoque le lourd tribu payé par les prêtres et séminaristes européens lors de la Seconde Guerre Mondiale, en particulier dans les camps de la mort. Présentation du livre par Guillaume Perrault sur le www.lefigaro.fr.

La baraque des prêtres
« La baraque des prêtres »

Guillaume Zeller est journaliste et rédacteur en chef de DirectMatin.fr. Il a également été chargé d’enquêtes au service historique de l’Armée de Terre. Son nouveau livre «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» vient de paraître aux Éditions Tallandier.

De 1938 à 1945, 2 579 prêtres, séminaristes et moines catholiques ont été déportés par les nazis, ainsi qu’environ 141 pasteurs protestants et prêtres orthodoxes. S’agissant des catholiques, le Vatican est impuissant à empêcher leur déportation. Le Saint-Siège obtient seulement qu’ils soient regroupés à Dachau. Ces hommes d’Église viennent de toute l’Europe: Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France ou encore Italie.

Ils ne sont pas arrêtés en tant que prêtres catholiques stricto sensu mais pour des raisons variées. Les Allemands paient souvent le prix de leur opposition au programme d’euthanasie hitlérien, le plan T4. Les prêtres polonais sont considérés comme des élites slaves par les nazis et figurent parmi leurs cibles, comme en témoignent les rapports envoyés par Heydrich au sujet des arrestations conduites par les Einsatzgruppen en Pologne en 1940. Pour leur part, des prêtres français -ils sont 156 à Dachau- sont déportés en raison de leur participation active à la résistance intérieure.

> LIRE tout l’article sur le site www.lefigaro.fr

La déploration, de l’autel dédié aux soldats disparus en 14-18, restaurée à la Cathédrale de Vannes

Cette sculpture, située à l’entrée de la chapelle axiale de la Cathédrale de Vannes, orne un autel dédié aux soldats disparus en 14-18, au pied d’un vitrail consacré à cette même mémoire. La sculpture vient d’être restaurée et à été bénie par Mgr Raymond Centène le 14 septembre 2014.

> Article paru dan la revue diocésaine Chrétiens en Morbihan n°1414 du 9 octobre 2014.

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Déploration – Cathédrale de Vannes

L’association «Pour la remise en valeur de la Cathédrale» a financé la restauration de cette «déploration», scène représentant le Christ dans les bras de sa mère, entourés de Saint-Jean et de Marie Madeleine, une originalité par rapport aux pietà, plus répandues et qui ne présentent que le Christ et Marie. La restauration de la sculpture a fait apparaître que celle-ci était réalisée en pierre calcaire recouverte d’un badigeon à la chaux et non en plâtre moulé comme on le supposait.

Elle aurait été bénie en 1905, puis enrichie en 1927 d’un vitrail de l’artiste Desjardin sur un dessin de Virolle. La partie haute de ce vitrail présente un Christ crucifié qui a détaché sa main gauche de la croix pour accueillir un soldat tombé au combat. Celui-ci lève les yeux, mains jointes, implorant le pardon divin.

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Vitrail – Cathédrale de Vannes

NOTE (du père Roger Blot, responsable du patrimoine sacré du diocèse de Rennes) : Une statue identique se trouve au Sanctuaire de La Peinière, près de Vitré en Ille-et-Vilaine. Elle y a probablement été posée en 1921 pour le pèlerinage des anciens de la Grande Guerre. Une autre statue similaire se trouve dans le jardin des Sœurs de Rillé, à Fougères (Ille-et-Vilaine).

Le diocèse de Rennes pendant la Grande Guerre (2/3) Dossier Eglise en Ille-et-Vilaine

Le magazine du diocèse de Rennes, Église en Ille-et-Vilaine, a publié début septembre 2014 un dossier sur l’histoire du diocèse pendant la Guerre de 1914-1918. En voici la deuxième partie (sur trois).

> Lire la première partie de ce dossier
> Lire la troisième partie de ce dossier

Dossier réalisé par Marie-Christine Train à partir des travaux de Jean-Yves Coulon, historien, qui a étudié les archives et livres de paroisse des 5 diocèses bretons.

LE DIOCÈSE DE RENNES S’ENGAGE DANS LE CONFLIT

La mobilisation et l’affectation des religieux

À la mobilisation, c’est par centaines que les religieux du diocèse rejoignent leur corps d’affectation. Durant la durée du conflit, ce sont plus de 960  religieux  (réguliers,  séculiers,  congréganistes) qui ont été mobilisés.

Les plus jeunes sont envoyés au front, soit dans  des  unités  combattantes,  soit  dans  les ambulances de 1res  lignes comme infirmiers ou brancardiers. Beaucoup sont aumôniers :  titulaires,  volontaires  ou  bénévoles. Très vite, les officiers supérieurs ont  mesuré  l’influence  positive  des  clercs  sur le moral des troupes, sur la tenue morale et la motivation combattante des hommes. Estimant leur nombre insuffisant, la hiérarchie ecclésiastique  française  et  une  partie  de  la  hiérarchie militaire demandèrent, fin 1914, plus de prêtres volontaires pour assurer dans chaque bataillon, les services religieux.

Au final, sur toute la durée de la guerre, le diocèse de Rennes, aura fourni 45  aumôniers,  soit  plus  de  30 %  des  quelque 150  aumôniers  issus  des  5  diocèses  bretons (près  de  1 100  pour  l’ensemble  des  diocèses français).

Exercer  son  ministère  sur  le  front  n’est  pas facile,  on  l’imagine.  L’Église,  dans  ces  circonstances, a adapté les règles des célébrations de la messe mais aussi de la lecture obligatoire du bréviaire,  l’administration  des  sacrements  aux soldats et aux paroissiens autochtones. Si certains  peuvent  dire  leur  messe  quotidienne  (à l’exemple d’Ange Martin, dans la chapitre suivant), d’autres, en raison des offensives ou d’un anticléricalisme affirmé  de  membres  de  la  hiérarchie  régimentaire en sont empêchés. Les plus jeunes ordonnés se posent de sérieuses questions sur leur sacerdoce :  « que  de  jours  passés  en  honnête homme et pas assez en prêtre. Pourquoi ? Parce que, parfois, j’ai laissé s’éclipser l’idéal qui n’aurait jamais dû me faire défaut, c’est-à-dire être un  imitateur  de  Notre  Seigneur  Jésus  Christ » (Abbé A. Boismartel).

Autel portatif fourni aux prêtres grâce à une souscription lancée par L’œuvre de Notre-Dame du Salut, en décembre 1914, relayée par Le pèlerin, La Croix, et les journaux diocésains. 46 seront attribués aux prêtres-soldats du diocèse.

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Le diocèse de Rennes pendant la Grande Guerre (1/3) Dossier Eglise en Ille-et-Vilaine

Le magazine du diocèse de Rennes, Église en Ille-et-Vilaine, a publié début septembre 2014 un dossier sur l’histoire du diocèse pendant la Guerre de 1914-1918. En voici la première partie (sur trois).

> Lire la deuxième partie de ce dossier
> Lire la troisième partie de ce dossier

Dossier réalisé par Marie-Christine Train à partir des travaux de Jean-Yves Coulon, historien, qui a étudié les archives et livres de paroisse des 5 diocèses bretons.
Plaque commémorative église la Selle-en-Luitré
Plaque commémorative à l’église de La Selle-en-Luitré

UNE GUERRE JUSTE, RENDANT POSSIBLE L’UNION SACRÉE

Le 4 août 1914, Raymond Poincaré, le président de la République, déclare devant le Parlement : « La  France  vient  d’être  l’objet  d’une  agression brutale et préméditée qui est un insolent défi au droit des gens. […] Dans la guerre qui s’engage, la France […] sera héroïquement défendue par tous ses fils dont rien ne brisera devant l’ennemi l’union  sacrée  et  qui  sont  aujourd’hui  fraternellement assemblés dans une même indignation  contre  l’agresseur  et  dans  une  même  foi patriotique. »

À cette date, Poincaré ne pouvait pourtant pas préjuger de la réaction de l’Église et des catholiques français qui estimaient majoritairement  être  l’objet  de  persécutions  depuis plusieurs années : critiques des ecclésiastiques, création des « curés sac à dos », en 1889, interdiction  des  congrégations  religieuses  en  1901 puis expulsion, loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905, les inventaires… Mais, légaliste, l’Église de France joue le jeu de l’union sacrée.

Pour l’Église de France, la guerre est un châtiment mérité
Mgr Dubourg archevêque Rennes 1906-1921
Mgr Dubourg, archevêque de Rennes de 1906 à 1921

Le  leitmotiv  de  la  quasi-totalité  de  l’épiscopat français, en ce début de conflit, est que la guerre doit  être  considérée  comme  un  châtiment  de Dieu et qu’à ce titre une expiation est nécessaire. Mgr Dubourg,  l’archevêque de Rennes, dans sa lettre  pastorale  demandant  le  succès  des  armées françaises, écrit : « Assurément, la France a mérité les châtiments qui la frappent, […], par ses actes de sectarisme et d’impiété contre Dieu et contre les âmes […]. C’est la loi de l’histoire. […] En laissant faire la guerre, Dieu veut notre bien. Lorsque la somme des expiations sera assez forte, la France cessera d’être frappée. »

Mais, compte tenu de la menace de la perte d’intégrité du pays, Mgr Dubourg justifie la nécessité de prendre les armes : « Le bon droit, la loyauté et la justice sont de notre côté et militent en notre  faveur »,  « ce  que  nous  défendons  c’est l’intégrité  de  notre  territoire,  notre  indépendance  nationale,  l’existence  de  nos  familles, nos autels, nos foyers ; on peut même ajouter la grande cause de la civilisation et de la liberté. »

La  guerre  qui  vient  d’être  déclarée  est  incontestablement  une  guerre  juste.  C’est  donc  de bon droit, a priori, que les religieux mobilisables, pouvaient accepter leur ordre de départ.
L’élan patriotique touchera également les membres des congrégations expulsées de France en
1905  qui  reviennent en masse pour s’engager. Paradoxe de la situation, ceux qui n’ont pas voulu rentrer seront considérés comme déserteurs et insoumis, risquant la prison s’ils rentraient en France avant 1948 ! (date de l’amnistie décrétée sous le Général De Gaulle).

Adaptation du droit canon  en cas de guerre juste  et d’incorporation contrainte

Se posait alors la question de l’engagement des prêtres  dans  ce  conflit  :  tous  les  clercs  catholiques qui prennent les armes sont normalement frappés d’une irrégularité canonique en vertu du commandement : « Tu ne tueras point ». Dès  1912,  la  Sacrée  Pénitencerie  apostolique, constatant  que  l’incorporation  dans  le  service armé était le résultat d’une contrainte, et dans le cas d’une guerre juste, avait suspendu les effets de cette irrégularité pendant la durée d’un éventuel conflit.

Pour la France, cette mesure est d’importance. Si dans toutes les armées, les prêtres, pasteurs, rabbins,  n’étaient  présents  qu’au  titre  de  ministres du culte, en France ils sont assujettis au service obligatoire depuis 1905 et donc mobilisables. Ils sont affectés soit au service de santé, soit comme aumôniers ou soit combattants.

Messe sur le front_1915
Messe sur le front en 1915 (Archives Historiques, Diocèse de Quimper)

> Lire la deuxième partie de ce dossier

Se procurer le dossier : commander le n°256 d’Église en Ille-et-Vilaine, Sept. 2014, à la Maison de la communication, 1 rue du Père Lebret, 35000 Rennes. Tél. 02 99 14 44 44, Mél. service.com@35.cef.fr. Prix : 3,5 € (+ 2 € frais de port).

Publication de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique

 141202_Bulletin nantesDans son dernier bulletin annuel, la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique publie deux articles du directeur des Archives historiques du diocèse de Nantes, le Père Jean BOUTEILLER.

  • Jean Bouteiller, « L’année 1914 au miroir de La Semaine religieuse du diocèse de Nantes« , p.373-399
  • Jean Bouteiller, « Trois jeunes prêtres dans la guerre », p.399-409

Consulter le sommaire du bulletin et se le procurer : Tome 149, 2014

> http://www.societe-historique-nantes.fr/module-Contenus-viewpub-tid-2-pid-36.html

Un hors-série sur « La Grande Guerre dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier »

Un numéro spécial d’ “ Église en Côtes d’Armor ” (Hors-série n°19 – Novembre 2014) consacré à la Grande Guerre vient de paraître, rappelant ce que fut la vie du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier durant cette période douloureuse ainsi que le rôle joué par bien des personnes et des institutions pour prendre soin des blessés et des familles en deuil.

141114_HS 14-18Ce hors-série veut nous aider à réfléchir au drame qui a ensanglanté l’Europe pendant plus de cinq années. On y trouvera aussi des réflexions autour de thèmes comme « la foi à l’épreuve de la guerre », « la guerre dans la Bible », etc.

Sommaire :

  • “ Mon Dieu, quel malheur que la guerre ! ”
  • La guerre dans la Bible
  • L’autre guerre : l’Algérie de 1955 à 1957
  • Le rôle de l’aumônier militaire
  • Les catholiques et la guerre à la source des archives
  • Opinions et réactions diocésaines en temps de guerre
  • Gestion pastorale en temps de guerre. Le diocèse de Saint-Brieuc de 1914 à 1919
  • L’Hôpital complémentaire n°42 de Broons
  • L’abbé Auguste Amicel et sa correspondance de guerre
  • Mémoires de la Grande Guerre.

>  Hors-Série n°19 – Novembre 2014 : 3,20 euros à commander à Église en Côtes d’Armor – Service abonnements – 7 rue Jules Verne – 22000 Saint-Brieuc. Chèque à l’ordre de « AD Services diocésains« .